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Étude de marché : un exemple concret et complet

7 min de lecturePar Camille Rousset
Étude de marché : un exemple concret et complet

Rien ne vaut un cas déroulé pour comprendre à quoi ressemble une étude de marché. Prenons un projet simple et parlant : ouvrir un salon de coiffure dans un quartier résidentiel d'une ville moyenne. Voici l'étude menée de bout en bout, avec ses quatre parties, ses chiffres et sa conclusion. Vous pouvez reprendre ce plan tel quel pour votre propre projet, en remplaçant les données par les vôtres.

Partie 1. Le marché

La porteuse du projet commence par cerner sa zone de chalandise, c'est à dire le secteur d'où viendront ses clients, ici un rayon de dix minutes à pied. Les données de l'INSEE lui donnent la population de ce périmètre, environ huit mille habitants, plutôt jeunes et actifs. La coiffure est un marché stable et récurrent : un adulte se rend chez le coiffeur cinq à six fois par an en moyenne, pour un panier autour de trente euros. Le besoin existe, il est régulier, et il ne disparaîtra pas avec une mode passagère.

Partie 2. La concurrence

Elle recense ensuite les salons déjà installés dans la zone. Trois concurrents, dont deux enseignes classiques aux horaires de bureau et un salon plus haut de gamme. En lisant leurs avis en ligne et en passant devant à différentes heures, elle repère une faille nette : aucun n'ouvre en soirée ni le lundi, alors que beaucoup d'actifs peinent à trouver un créneau. La place libre apparaît, et avec elle un angle de positionnement possible.

ConcurrentPositionnementFaille repérée
Salon AClassique, familialFermé le soir et le lundi
Salon BBas prix, sans rendez-vousAttente longue, avis mitigés
Salon CHaut de gammePrix élevés, peu accessible

Partie 3. L'enquête clients

Vient l'étape de terrain. Elle diffuse un court questionnaire dans le quartier et interroge une quarantaine d'habitants qu'elle ne connaît pas. Les réponses confirment son intuition : plus de la moitié disent manquer de créneaux en soirée, et une majorité se dit prête à payer un peu plus pour un rendez-vous après dix-huit heures. Elle prend soin de poser des questions sur les habitudes réelles, la fréquence des visites et le budget actuel, plutôt que de demander « viendriez-vous chez moi », dont la réponse n'aurait rien prouvé.

Ce qui rend l'exemple solideChaque affirmation repose sur une source : l'INSEE pour la population, l'observation directe pour la concurrence, le questionnaire pour la demande. Une étude qui avance des chiffres sans dire d'où ils viennent ne convainc personne, surtout pas un banquier. Datez vos sources et gardez les questionnaires bruts en annexe.

Partie 4. La synthèse chiffrée

La dernière partie relie tout. En croisant la population de la zone, la part prête à changer de salon pour des horaires souples et le panier moyen, la porteuse estime prudemment sa première année. En visant seulement une petite fraction des habitants, avec cinq visites annuelles à trente euros, elle obtient une fourchette de chiffre d'affaires réaliste, suffisante pour couvrir ses charges dès la deuxième année. Le projet tient debout, à condition de défendre l'angle des horaires étendus.

Un bon exemple d'étude ne cherche pas à impressionner par son épaisseur. Il tient en quelques pages honnêtes qui mènent à une décision claire.

Cet exemple suit exactement les cinq étapes décrites dans notre guide pour réaliser une étude de marché pas à pas. Le plan est toujours le même, quel que soit le projet : marché, concurrence, clients, synthèse. Ce qui change, ce sont vos chiffres. Un modèle vous évite d'oublier une partie, mais il ne remplace pas le travail de terrain, seul capable de donner du poids à vos conclusions.

Questions fréquentes

À quoi ressemble un exemple d'étude de marché ?

Quatre parties : le marché et sa taille, la concurrence locale, l'enquête clients, puis une synthèse chiffrée. Chaque partie s'appuie sur des faits sourcés, et la conclusion tranche pour ou contre le projet.

Comment présenter les résultats ?

Du général au particulier, en quelques paragraphes appuyés d'un chiffre ou d'un tableau. La synthèse est la plus importante : chiffre d'affaires estimé, positionnement et risques. Cinq à quinze pages suffisent.

Existe-t-il un modèle gratuit ?

Oui, Bpifrance Création propose des trames et fiches sectorielles gratuites. Le plan reste toujours le même, mais le contenu doit venir de vos propres données de terrain.

Sources : Bpifrance Création, méthode et trames d'étude de marché, INSEE, données locales par commune.